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VIE D'OUVRIER
Yeux rouges de lassitude Poings fermés de la colère Bouche muette d'avoir trop crié Corps souillé Par l'odeur Par le bruit Par les mots
Jour maudit du lundi Jour béni du samedi Jour de repos du dimanche
Soirées peuplées de cauchemars A la Guy Lux A la Bellemard
Journée de travail De transport
Semaine sans soleil Semaine sans fleur Soleil de néon Fleurs de copeaux
Vie d'ouvrier
Il ne voit plus le rire de ses enfants Il n'entend que leurs cris et leurs larmes
Il ne connaît plus les fleurs des champs Qui disent la beauté de la nature
Il mange sa vie Sans la digérer
Il court sa vie Sans s'arrêter
Il travaille pour vivre Il se tait pour travailler
S'il discute On lui ferme la bouche A coup de cadences
Comme la vague Il recommence sans rien dire
Comme la vague Il meurt doucement sans se plaindre
On mettra des fleurs sur sa tombe Comme pour cacher sous leur beauté Le mal de la société
Fleurs coupées, sans eau, sans terre Qui se faneront Comme lui … Airel
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